dimanche 27 mars 2011

La vague dévastatrice


Il est couché au chaud dans le confort de son lit immense. C’est le début d’une magnifique journée. Les rayons de lumière spectaculaires du soleil levant pénètrent par la fenêtre et plongent pour aller s’étaler sur le pelage noir de la bête couchée sur ses pieds. Tout est silencieux. On n’entend que le mouvement continu des aiguilles de son horloge,  qui rappelle que les secondes passent tranquillement. On dirait que la rotation de la Terre est ralentie. 

Soudainement, l’alarme du réveille-matin sonne. C’est vendredi et il attend impatiemment la fin de semaine. Lentement néanmoins, il s’étire longuement et se lève délicatement. Son compagnon mime le mouvement et descend lui aussi du lit. L’odeur intense du café passe par ses petites narines pour réveiller ses sens encore endormis. Tout en s’étirant, il descend les escaliers qui ne semblent jamais s’arrêter. Finalement, il arrive à la cafetière et se verse une tasse de ce liquide brun revigorant. Il mange son petit-déjeuner digne d’un roi dans sa cuisine exposée à l’horizon ardent, tout en lisant son journal quotidien. Son ami loyal est assis à côté de lui, cherchant à recevoir de la nourriture de meilleure qualité que la sienne. La vie des deux compagnons est belle.

Après s’avoir complètement restauré de son long sommeil en prenant une longue douche chaude, il enfile ses vêtements de travail, caresse son copain et se dirige vers son lieu de travail. Comme les autres, il prend le train. Il fait encore très beau à l’extérieur, mais le train est excessivement bruyant. Il a mal à la tête, donc il décide qu’il serait avantageux de retourner à la maison plus tôt aujourd’hui. 

Finalement arrivé au travail, il ne gaspille pas de temps. Il dit immédiatement à son patron qu’il va falloir s’absenter de bonne heure, et il se met au travail. Il aime son emploi; il passe la journée à créer des appareils électroniques pour Sony. En ce moment, il travaille avec des collègues pour créer une nouvelle télévision 3D. Cette télé, elle sera mince et reluisante; le son, clair et assourdissant; l’image, parfaite, peu importe la distance de l’utilisateur. Cette télévision émerveillera les téléspectateurs et redéfinira complètement le marché audiovisuel.

Il est maintenant midi. Il décide qu’il est temps de retourner à la maison. Après un autre voyage misérable dans le train, il rentre chez lui. Son ami à pelage noir comme le soir lui accueille chaleureusement, avec plein de caresses humides. Il prend quelques antibiotiques et relaxe sur son gros divan confortable en écoutant les nouvelles. Il commence à se sentir un peu mieux. Tout à coup, il se rappelle qu’il avait acheté un billet de loterie et que les numéros gagnants ont été choisis la veille. Il sort son billet et continu d’écouter les nouvelles afin de savoir s’il a gagné ou non le gros lot. Enfin, les numéros s’affichent à l’écran large et reluisant. Il est stupéfait; il ne peut pas croire ce qui a lieu. Un à un, ses numéros s’affichent à l’écran. Il est le gagnant et n’en revient pas. Il est rempli de joie et de bonheur. Il veut appeler ses amis et sa famille pour leur dire qu’il a gagné le gros lot. Il a le téléphone en main… Tout à coup, la maison se met à trembler. C’est un immense tremblement de terre. Sa joie et son bonheur sont écrasés. Il a peur, et son compagnon tremble. Les deux se caressent et ils sont remplis de terreur et d’angoisse. La maison arrête de trembler, donc les deux peuvent enfin relaxer un peu. Il a finalement le courage d’appeler ses proches. Un à un, ses amis et les membres de sa famille lui rendent plus heureux et rempli d’extase. La journée va donc bien terminer. Mais, juste après avoir terminé de parler à son dernier proche, un événement épouvantable a lieu. La maison est emportée violemment par une immense vague d’au moins neuf mètres de haut. Il n’y a aucune chance de survie; l’impact a des effets dévastateurs. L’homme, qui tenait encore son billet gagnant, a été retrouvé quelques jours plus tard. Son copain lui est demeuré loyal. Ils sont morts ensemble. À côté de ces deux compagnons inséparables gisent de nombreuses autres victimes de la vague dévastatrice.

mardi 15 février 2011

La loi antitabac

            Depuis l’adoption de la loi antitabac québécoise du 17 décembre 1999, plusieurs non-fumeurs se sentent plus à l’aise dans les lieux publics. Cependant, plusieurs fumeurs québécois critiquent cette loi, qui enlève le droit de fumer à plusieurs endroits publics. « La chasse aux fumeurs » par Marc-Aimé Dufour et « Pour que tout le monde respire » par Mario Daigle sont deux textes argumentatifs qui sont contre la loi antitabac. Dans ces textes, les auteurs font croire que les contraintes sociales enlèvent le droit à une vie paisible. Est-ce vraiment le cas? Puisque la santé des non-fumeurs est en jeu et les fumeurs ont encore le droit de fumer à plusieurs endroits, je crois que le droit à une vie paisible n’est du tout affecté par la loi antitabac.

            Premièrement, depuis l’adoption de la loi antitabac, les dangers de la fumée secondaire sont moins importants. Cette fumée est celle dont les non-fumeurs respirent lorsqu’ils sont près des fumeurs. Elle contient plus que 4 000 produits chimiques, desquelles plus de 50 sont cancérogènes. À force d’être coincés dans des lieux publics avec les fumeurs, plusieurs non-fumeurs développaient des problèmes de santé majeurs due à cette fumée. En fait, chaque année, au moins 800 non-fumeurs canadiens décédaient à cause de la fumée secondaire. Marc-Aimé Dufour, qui est contre la loi antitabac, affirme que « les effets nocifs du tabac ont tellement montés en épingle qu’un nombre croissant de non-fumeurs, le plus souvent d’ex-fumeurs repentants, sont montés aux barricades pour réclamer leur droit à la santé. » (Dufour, 2000: 77) Si même les ex-fumeurs repentaient, serait-il vraiment avantageux d’avoir le droit de fumer dans les lieux publics? La bonne nouvelle est que depuis l’installation de la loi antitabac, il est beaucoup moins commun, voire impossible, que les fumeurs peuvent polluer l’air dans un endroit public. Si on y pense, c’est clair que la loi antitabac contribue à une vie plus paisible qu’auparavant. Disons que tu es un parent et que tu entres dans un restaurant avec tes enfants. Si ton enfant cadet est atteint d’asthme après avoir soupé plusieurs fois au même restaurant rempli de fumée, serais-tu en paix? C’est évident que tu serais fâché et que tu ne respecterais pas autant les fumeurs. Par contre, si tu es un fumeur et qu’on te demande de fumer dehors, ce serait un peu extrême de voir cela comme un affrontement de ta vie paisible. Bref, je crois que les non-fumeurs ont une vie plus paisible depuis l’adoption de la loi antitabac et que perdre le droit de fumer dans des lieux publics renfermés n’enlève du tout le droit à une vie paisible des fumeurs.

            Deuxièmement, les fumeurs ont encore le droit à une vie paisible, car ils ont simplement perdu le droit de fumer là où il y a plusieurs non-fumeurs. Ce n’est pas comme on leur enlève leurs cigarettes ou on leur fait payer des amendes parce qu’ils fument. On leur demande simplement d’aller fumer à l’extérieur. Est-ce vraiment considéré un obstacle à une vie paisible? Ce n’est pas comme on les traite différemment des autres; on veut seulement s’assurer que l’endroit est plus agréable et qu’il n’y a pas de chicane entre les fumeurs et les non-fumeurs. En fait, ceci nous amène à la question posée par Mario Daigle : « Pourquoi ne pas confier exclusivement aux patrons le droit de sanctionner comme ils l’entendent les contrevenants? » (Daigle, 2000: 83) Il est évident que si on laissait les patrons décider qu’est-ce qui serait mieux, il y aurait des conflits entre patron et employé ou entre deux employés. De plus, si le patron était fumeur ou indifférent au tabac, la santé des employés serait de nouveau en jeu. Bref, selon moi, avoir à fumer dehors n’a aucun lien avec une vie paisible. Si cela est tellement désagréable, il y a toujours l’option d’arrêter de fumer.
            
            En somme, il y aura toujours une opposition à la loi antitabac. Les non-fumeurs seront bien contents, tandis que les fumeurs ne le seront pas. Cependant, puisque la santé des non-fumeurs est mise en jeu et les fumeurs peuvent encore fumer à plusieurs endroits, je suis convaincu que la loi antitabac n’a aucun effet sur la vie paisible des fumeurs. C’est évident que durant une journée froide d’hiver, cela ne serait pas plaisant de fumer dehors. Pourtant, il n’est non plus plaisant d’être enfermé dans un lieu rempli de fumée. Donc, est-ce que fumer dehors rend vraiment impossible une vie paisible? Ou plutôt, la santé des non-fumeurs est-elle moins importante que le confort des fumeurs? Il faudra bien, un jour, y penser comme il le faut.